Le mandat unique dans la France de l’Outre-mer
Alors que dans l’Hexagone le débat sur le cumul des mandats prend de plus en plus d’ampleur, la sphère politique ultra-marine doit elle aussi se sentir concernée.
Le débat sur le cumul des mandats de nos hommes et femmes politiques doit aussi concerner les élus des Départements d’Outre-Mer, des Collectivité d’Outre-Mer et leurs collègues des autres possessions ultra-marines françaises. Plus encore que pour un élu du territoire métropolitain, la situation de l’homme politique des DOM-COM est complexe. En effet si le cumul de mandats locaux se pose en de même termes partout en France, la situation est plus complexe lorsqu’il s’agit d’un mandat local et national.
La pratique et les implications du cumul entre des mandats locaux restent les mêmes que pour la France continentale. Il en résulte toujours un dispersement dans l’activité de l’élu, une monopolisation de la vie politique par un certain nombre ce qui empêche un certain rajeunissement de la cette même classe politique.
Néanmoins, exercer un mandat au Parlement National voire Européen ou avoir des responsabilités gouvernementales ou européennes semblent plus qu’ailleurs séparer l’élu du terrain. Mais cela ne reste qu’apparent ! Comme pour les autres responsables nationaux, le choix de responsabilités au sein des organes nationaux ou européens n’entame en rien une légitimité de l’élu s’il se montre clair sur ses aspirations (lire notre article). De plus, s’il est évident que le parlementaire doit faire des retours fréquents dans sa circonscription, celui qui occupe une fonction locale couplée à une fonction nationale divise encore plus son temps entre Paris et le territoire ultra-marin concerné. Or la distance et le temps de transport (auxquels on pourrait ajouter le coût financier pour le contribuable et le coût environnemental) sont des facteurs d’autant plus rédhibitoires pour l’élu d’outre-mer que pour un autre élu. Le premier doit s’imposer une discipline d’autant plus stricte que sa tâche est complexe.
Malgré ce réquisitoire, on ne peut que constater un cumul qui est aussi monnaie courante dans tout le territoire de la République. Sur les 27 élus des départements d’outre-mer de l’Assemblée Nationale, 17 occupent au moins 2 mandats dont 5 qui cumulent au moins 3 fonctions différentes. La situation est plus adéquate à un bon fonctionnement de nos institutions dans les TOM puisque seuls 3 élus du Sénat sur les 9 cumulent leur mandat parlementaire.
Plus que jamais, le non cumul demeure une des conditions sine qua non de l’améliorations de la V° République.
L’association 1Homme- 1Voix est pour que le mandat unique s’applique dans la totalité des territoires français !

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