La région Ile-de-France abandonnée par les cumulards
Dans son édition du 29 décembre 2009, le Parisien publie les résultats de son enquête sur l’assiduité des 209 conseillers régionaux d’Ile-de-France. Les journalistes ont retenu 85 séances plénières entre le début de la mandature actuelle en mars 2004 et octobre 2009. En analysant les feuilles de présence à quelques semaines du renouvellement de l’exécutif francilien, le Parisien révèle l’absentéisme de certains élus cumulards… qui sont pour la plupart candidats à une réélection.
Nathalie Kosciusko-Morizet détient un taux record d’absentéisme supérieur à 75%. Secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Economie Numérique, Maire de Longjumeau (Essonne) et secrétaire générale adjointe de l’UMP, « NKM » ne s’est déplacée qu’une fois en 2005 et à peine plus les autres années. Frédéric Lefebvre fait à peine mieux, avec 60% d’absence sur l’ensemble des 85 séances plénières du Conseil Régional. Les cumulards, occupés par d’autres fonctions plus valorisantes, ne siégeaient pas dans l’hémicycle régional. Ces absences répétées ne les privant pas des 170 000 euros d’indemnités touchées durant la mandature (2 500 euros brut par mois), comme le rappelle Luc Mandret sur son blog. Rapportées à la vingtaine de séances auxquelles elle a daigné assister, « NKM » a encaissé des indemnités de plus de 8 000 euros pour chaque jeton de présence.
Cumuler, c’est ne pas respecter le mandat que les citoyens ont confié à l’élu. Roger Karoutchi, lui-même cumulard en tant que sénateur puis secrétaire d’Etat, semble être la seule exception à la règle, puisqu’il n’a manqué que trois séances depuis 2004. Valérie Pécresse, en revanche, affiche un taux d’absence de 35%, malgré sa présence continue en séance plénière depuis l’annonce de sa candidature à la rentrée 2008. Quant à Marine Le Pen, également eurodéputée (parmi les moins présentes au Parlement européen) et conseillère municipale à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, elle s’illustre avec 43% d’absence.
Au sein de la majorité de Jean-Paul Huchon, le député Julien Dray est le moins assidu, avec 34% d’absence, alors que Michèle Sabban (21%), Anne Hidalgo (20%), Marie-Pierre de la Gontrie (15%) et Jean-Paul Planchou (14%) n’ont manqué que quelques séances. Jean-Paul Huchon se veut exemplaire avec aucune absence en cinq ans et demi. Il faut dire que le Président du Conseil Régional a fait le choix du non-cumul depuis 2001 en renonçant à la mairie de Conflans-Saint-Honorine, la commune des Yvelines dont il est resté conseiller municipal.
Malgré la vérité des chiffres, la distinction entre bons et mauvais conseillers régionaux ne se fait pas entre droite et gauche, entre une majorité naturellement plus mobilisée et son opposition, mais bien entre les élus qui cumulent plusieurs mandats sans parvenir à les honorer tous et les élus qui ont choisi de se consacrer au mandat unique pour lequel les électeurs les ont désignés. Il ne tient qu’aux citoyens de faire du non-cumul des mandats un enjeu fort de la campagne des régionales de mars prochain.
Valentin C





